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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 10:55

La Chronique de Paris, un rêve de francité nationale-socialiste

par Michel P. Schmitt, article paru dans le n°50 de La Revue des Revues (2013, p.56-89)

De novembre 1943 à juillet 1944 paraît en zone occupée La Chronique de Paris, une revue dirigée par Henry Jamet, et dont l’animateur principal est Robert Brasillach. Les principaux collaborateurs (Lucien Rebatet, André Fraigneau, Georges Blond) sont tous marqués par leur engagement fasciste d’avant-guerre et leurs prises de position collaborationnistes à partir de 1940. Tous sont connus pour leurs romans de grande qualité, régulièrement (re)publiés des années 1930 aux années 2010. À un moment où le vent semble avoir tourné pour le nazisme qui n’est plus sûr de remporter la victoire finale, la revue se propose de rassembler les forces intellectuelles et spirituelles autour de la permanence de la langue, du génie et de l’esprit classique français. À cette fin, les chroniqueurs rédigent de courts essais, publient des inédits et commentent la parution des livres nouveaux, redessinant de la sorte un champ culturel idéologiquement correct, au nom d’une culture européenne où l’Allemagne tient une place de choix, sur la base d’une dénonciation radicale des idées démocratiques et républicaines, communistes et vichystes, et plus que tout de la pensée juive. La présente étude s’interroge sur l’énigme des mécanismes idéologiques qui s’emparent d’esprits brillants et cultivés, d’analystes aigus et sensibles, pour les mettre au service d’un totalitarisme obscurantiste et raciste.



From November 1943 to July 1944, La Chronique de Paris, a review directed by Henry Jamet and whose main protagonist was Robert Brasillach, was published in the occupied zone. The main collaborators (Lucien Rebatet, André Fraigneau and Georges Blond) were all marked by their commitment to fascism before the war and their collaborationist stance from 1940 onwards. All are known for their having written novels of high literary standards, regularly (re)published from the 1930s to the 2010s. At a point when the wind seemed to have turned for the Nazis who were no longer certain of securing the final victory, the review purported to gather intellectual and spiritual forces around the permanence of the French language, genius and classical wit. To this end, the chroniclers wrote short essays, published previously unpublished material and commented on the publication of new books, thus sketching an ideologically correct cultural field in the name of a European culture in which Germany occupied a prominent place and on the basis of a radical denunciation of democratic and republican ideas, of the communists and vichyists, and above all of Jewish thought. The present study questions the enigma of the ideological mechanisms that took possession brilliant and cultivated spirits, of sensitive and sensible analysts to enrol them in the service of obscurantist and racist totalitarianism.

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