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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 23:33

Extrait d'un entretien avec Alain Finkielkraut paru le 20 mai 2011 dans Le Monde ("Le Monde des Livres", p.12) :

"En France, depuis Villon, le salut pour les vauriens c'est la littérature, et une grande oeuvre rachète tous les crimes", écriviez-vous en 1980 dans Le Juif imaginaire (Seuil). Ces lignes permettent-elles d'éclairer ce qui demeure un mystère pour beaucoup de vos lecteurs, à savoir votre fidélité envers l'écrivain Renaud Camus ?

Je ne pense pas que l'ignominie puisse être rachetée par un beau style. Je n'ai aucune fidélité à l'égard de quelqu'un comme Brasillach. Pour moi, la littérature ce n'est pas le style, ou du moins le style importe-t-il d'abord comme dévoilement du monde. Renaud Camus n'a commis aucun crime et dans Du sens (POL, 2002), il a fait minutieusement justice des accusations proférées contre lui. Mais ses ennemis n'ont pas désarmé. Ils ne se sont pas même donné la peine de lire ce livre. Peu leur importe la vérité. Peu leur importe les oeuvres. Ce qu'ils veulent, c'est pouvoir se mobiliser encore et toujours contre la "Bête immonde". Je suis redevable, en autres choses, à Renaud Camus, de cette magnifique définition : "La littérature, c'est le reste des opérations comptables du réel." J'aimerais que ceux qui sont idéologiquement hostiles à Renaud Camus reconnaissent au moins sa valeur d'écrivain. Je vous le dis, si cela ne se fait pas, c'est parce qu'en France l'amour de la littérature s'est perdu.

Publié par ARB - dans REVUE DE PRESSE

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