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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 10:17

Fabrice Delinde, Pascal Junod, Bernard Ripert et Damien Viguier, avocats signataires en mars 2013 d’un appel pour la paix en Syrie, avons répondu positivement à l’invitation qui s’en est suivie de la part de notre confrère Monsieur le Bâtonnier de Damas Skaif Nizar, et nous étions en Syrie du 6 au 13 octobre 2013.

Nous ne sommes allés qu’à Damas, au centre-ville, avec une incursion dans un quartier qui venait de subir la chute d’une roquette faisant 11 morts. Mais la veille de notre départ nous avons été témoins d’un attentat à quelques mètres de notre hôtel. Il y a donc des explosions de temps en temps. Les habitants de Damas luttent en continuant de vivre comme si de rien n’était, même si c’est difficile.

Nous avons rencontré des familles en deuil, des militaires, des blessés ; des écrivains, des journalistes ; des confrères (avocats) ; des associations et des hommes politiques indépendants du parti Baas, parti dont le vice-président nous a d’ailleurs reçus ; nous avons été reçus par le président du Parlement, par le Premier ministre, par les ministres de la Justice et de l’Information.

Unanimes, tous déplorent la corruption de nos gouvernants, qui trahissent l’âme de la France. Ils distinguent toujours néanmoins entre la partie corrompue de notre classe politique et le reste de la population française. Ils disent et redisent que nombre de leurs agresseurs viennent d’Europe, et de France en particulier, et même de Suisse, et que ce qui leur arrive va nous arriver en retour.

La Syrie est depuis 1948 un pays en guerre avec son voisin israélien. Mais la situation actuelle a explosé d’abord à cause du facteur démographique : 60 % de la population a moins de 25 ans. La Syrie a cédé aux chants des sirènes d’un certain libéralisme, s’est rapprochée de l’Occident, décidant même d’adopter son modèle économique et institutionnel (multipartisme, élections, intégration des rouages institutionnels supra-étatiques régionaux et mondiaux). Aux récoltes locales, par exemple, ont été préférés les produits importés. À cela se sont ajoutées plusieurs années difficiles pour l’agriculture. Puis il y a eu la crise financière de 2008. Bref, cela s’est traduit par un accroissement de la pauvreté dans les campagnes, provoquant un exode rural imprévu, allié à une montée (entretenue) du mécontentement. Et le pire obscurantisme, instillé depuis les monarchies du Golfe, a pu s’implanter parmi les laissés-pour-compte des banlieues et des campagnes.

Quelques manifestations artificiellement organisées, des provocations habilement orchestrées (tirer, et sur la foule, et sur la police) ont suffi pour mettre le feu aux poudres. Les médias, Al Jazeera en tête, n’avaient plus qu’à inonder les ondes de prédications enflammées, et les services, qu’à livrer armes et cadres, pour transformer la Syrie en un enfer. Sont alors entrés en Syrie, depuis la Turquie et la Jordanie, en flots incessants, aujourd’hui encore, de jeunes décervelés et des repris de justice auxquels on fournit, pour ici-bas, des drogues (des substances insensibilisantes à la douleur subie ou causée), des armes, la possibilité de tout détruire, de piller et de commettre les pires atrocités, et, pour l’au-delà, s’ils trouvent la mort, la promesse d’un jardin de délices.

C’est cette politique dont nos médias sont les complices, parfois complaisamment involontaires certes, comme lorsqu’ils sont conduits par les « rebelles » à visiter des villages syriens, toujours les mêmes, villages qui ne sont que le théâtre de mises en scènes dignes de Disneyland.

Nos gouvernants sont d’autant mieux informés de ce drame qu’ils en sont les véritables commanditaires. Ils ont besoin de tenir les opinions publiques occidentales en laisse pour leur plan avoué et criminel de mise au pas par le chaos, commencé par la Yougoslavie, suivi de l’Irak, puis de l’Afghanistan, et de la Libye. Ils avaient déjà prévu un sort semblable pour l’Iran, et l’on voit bien que ni la Russie (Tchétchénie), ni la Chine (Xinjiang, sans parler du Tibet, de la Corée du Nord, du Japon, des Philippines, etc.), ni même l’Inde ne sont plus à l’abri. L’Amérique latine, qui a subi, elle, ce sort, est en voie de révolte et d’organisation contre ce « désordre mondial ».

Cette guerre est une guerre mondiale. Sur les ruines d’un ordre juridique international fondé sur l’idée de partage du monde entre une pluralité d’États, souverains par définition, dont tous étaient en Europe, rien de viable ne s’est encore construit. La Guerre froide n’a été qu’un bras de fer entre deux mondialismes identiques en leur essence. L’hégémonie de l’un n’a pas apporté la paix mondiale.

En Syrie se joue aujourd’hui la possibilité d’un nouvel ordre juridique international structuré par les relations entre plusieurs grandes puissances, toutes également souveraines, sur des régions délimitées du globe. Il ne servait à rien de dénigrer les frontières et les guerres sur les champs de bataille, qui, pour horribles qu’elles étaient, avaient au moins le mérite de n’avoir lieu qu’entre militaires porteurs d’uniforme, si c’était pour les remplacer par des opérations criminelles dirigées aveuglément contre les populations civiles (femmes et enfants, vieillards, blessés, malades, captifs) et personnellement contre les souverains légitimes et légaux des pays qui résistent à l’idée d’une domination mondiale.

Notre responsabilité est donc maintenant de comprendre et d’informer.

15 octobre 2013

Contact : appeldu1ermars2013@outlook.com

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Source : E&R

Publié par ARB
16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 22:15

(Libération, 16 octobre 2013 ; cliquer sur le cliché pour l'afficher intégralement)

Publié par ARB
16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 22:12

Le Spectacle du Monde, n°603, dimanche 1 septembre 2013, p.56, « Portrait »
« MAURICE RONET, COMÉDIEN ÉPRIS D'ABSOLU »
par Arnaud Guyot-Jeannin

Disparu il y a trente ans, Maurice Ronet fut un acteur (et un réalisateur) rare, séduisant, tourmenté, mystique et tragique. Deux ouvrages saluent la mémoire de ce feu follet qui a pris trop tôt l'ascenseur pour l'échafaud

Maurice Ronet a fait l'expérience intuitive de la mort durant toute sa vie. Ayant intériorisé, dès son plus jeune âge, la philosophie tragique et esthétique de Schopenhauer (au point de vouloir lui consacrer un ouvrage), il traversa l'existence comme une épreuve du feu, brûlante et incendiaire. Une existence que relatent, aujourd'hui, deux livres publiés à l'occasion du trentième anniversaire de la disparition de l'acteur : une biographie classique et exhaustive, Maurice Ronet, le splendide désenchanté, de José-Alain Fralon, et un essai biographique plus intimiste, profond et empreint d'empathie, Maurice Ronet, les vies du feu follet, de Jean-Pierre Montal, qui, à travers un portrait intellectuel et spirituel de Ronet, cerne au plus près son être et sa vision du monde.

Jean-Pierre Montal rapporte ce témoignage du comédien Maxence Mailfort : « Maurice m'a souvent parlé de religion, de sacré. Plus exactement, d'éblouissements mystiques dans l'église de Saint-Sulpice [...] ». Une inclination confirmée par son défunt ami, le poète et mystagogue Jean Parvulesco, qui confia, un jour : « Ce qui l'intéressait chez moi, c'était mes connaissances spéciales, disons ésotériques. Et lui avait une connaissance intime, vécue, de son aventure mystique, (pas) uniquement intellectuelle. » Ronet, précisait Parvulesco, « voulait trouver le joint entre le catholicisme ésotérique et le mithraïsme... parce que c'était finalement une opération de salut, de délivrance totale obtenue par un sacrifice de sang. Le Christ avait établi son royaume et sa doctrine à travers son sacrifice de sang. Le mithraïsme, par le sacrifice de sang, reproduit ce processus ». Ces moments salvateurs de croyance en Dieu furent, cependant, toujours très fragiles. Et le désespoir, sur fond d'alcool, finit par l'emporter.

Appartenant - selon sa propre expression - à une « génération sacrifiée » - celle qui avait dix-huit ans à la fin de la Seconde Guerre mondiale - , Maurice Ronet rêvait néanmoins de grandeur éthique et d'aventure politique. Mais la réalité de l'époque ne correspondait plus à ses aspirations. A la guerre et à ses rudesses avait succédé une paix douce et émolliente, placée sous l'horizon de la marchandise et de la consommation. D'où un mal de vivre engendré par un monde moderne partant à la dérive, en proie à un effrayant vide spirituel. Au lendemain de la mort de l'acteur, François Chalais rapportait, dans le Figaro Magazine, ces propos tenus par celui-ci en 1969 : « Mon ambition est d'être quelqu'un, pas quelque chose... Pas commode. A mon âge, les hommes sont tous P-DG, ou anciens combattants. Quant à la jeunesse, elle ne sait plus que se réfugier dans la drogue ou dans le dynamisme à reculons. Je ne suis plus dans le coup. Et mes amis sont déjà morts. »

Ce désespoir est contenu en germe dans Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle (1957), d'après un scénario de Roger Nimier. Le titre du film est bien évidemment une métaphore de l'existence. Une noirceur profonde qui atteindra son paroxysme dans le Feu follet (1963), du même metteur en scène, d'après le roman de Pierre Drieu La Rochelle. Un pur chef-d'oeuvre, qui se termine par le suicide du personnage principal, Alain Leroy. Inspiré tout à la fois de l'écrivain surréaliste Jacques Rigaut et de Drieu lui-même, celui-ci a trouvé en Ronet l'interprète idoine. Fusionnant littéralement avec Leroy, l'acteur signe là, en effet, une prestation magistrale. Ce rôle, sans doute le plus fort et le plus emblématique de sa personnalité et de sa carrière, lui collera définitivement à la peau.

Lui-même en perdition, Maurice Ronet s'est toujours senti solidaire des causes perdues, cultivant le sens de l'honneur et de la fidélité. Ainsi osa-t-il prendre parti en faveur des épurés de 1945 (Alexandre Astruc a confié à l'auteur de ces lignes - le 12 mars 2013 sur Radio Courtoisie - que Maurice Ronet lui faisait écouter les Poèmes de Fresnes de Robert Brasillach, lus par Pierre Fresnay, et que cette lecture « lui arrachait des larmes aux yeux ») et des rescapés de l'OAS. Considérant que la vérité et la liberté se paient toujours très chers (à l'écran comme à la ville), il fit un jour cette observation : « [...] Dans mes compositions, c'est au moment où je commence à dire la vérité qu'on me bousille. On punit toujours le héros que je représente, dans sa clairvoyance, son cynisme, sa lucidité [...] J'ai souvent incarné celui qui jette un défi à la morale, à la vie. Et ce personnage-là n'a pas sa place. Alors, il faut le "flinguer". »

En 1973, Maurice Ronet part avec son ami l'écrivain et éditeur Dominique de Roux tourner un reportage pour la télévision sur la guerre menée par le Portugal au Mozambique. Appel de l'aventure, défense à contre-courant, pour l'honneur, d'un des derniers lambeaux d'empire européen en Afrique... Les deux hommes prennent des risques insensés et échappent de peu à la mort.

La même année, Ronet porte à l'écran Vers l'île des dragons, un documentaire allégorique, à la fois cosmogonique et eschatologique sur les lézards géants du Komodo, en Indonésie : « C'est une chronique sur la terre, l'eau, le feu et sur ces monstres qui n'existent que là, qui sont (de très loin) nos ancêtres, explique-t-il alors [...]. Il s'agit d'animaux qui sont à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de nous-mêmes, et puis ils étaient là bien avant nous et ils seront là bien après nous. C'est un peu le pèlerinage aux sources, ou un voyage en enfer, ou un film sur le début ou sur la fin du monde. »

Trois ans plus tard, le metteur en scène réalise Bartleby (1976), un drame intimiste d'après la nouvelle éponyme d'Hermann Melville, avec Michael Lonsdale et Maxence Mailfort. Il s'agit du récit d'un homme désespéré se conduisant comme un somnambule. Un mort en sursis, prostré dans une armure invisible, hermétique aux autres hommes, médiocres et parfois haineux à son endroit. Un seul l'aide comme il peut. Mais cela ne suffit pas. Un voyage au bout de la nuit que Ronet filme sous l'influence littéraire décisive de Louis- Ferdinand Céline. Bouleversant et sans concession. L'existence tragique et nue...

Maurice Ronet est mort d'un cancer le 14 mars 1983, à l'âge de cinquante-cinq ans, en homme de l'ancienne France et de la vieille Europe. Son projet d'adaptation télévisée de Semmelweis, de Céline, n'a pu voir le jour. Il nous reste, heureusement, ses films, à voir et à revoir, dans lesquels cet acteur authentique ne jouait pas la comédie.

A lire Maurice Ronet, les Vies du feu follet de Jean-Pierre Montal, éditions Pierre- Guillaume de Roux, 176 pages, 23 €; Maurice Ronet, le splendide désenchanté de José-Alain Fralon, éditions des Equateurs, 330 pages, 21 €.

Publié par ARB
16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 22:06

Télérama, n°3325, supplément « Sortir Paris », samedi 5 octobre 2013, p.36 :
« Le choix du cinéphile »
Quiz Maurice Ronet
Jérémie Couston

Trente ans après sa mort, Ronet demeure une énigme. Pour tenter de percer le mystère : une rétrospective au Champo, la sortie d'une biographie et... un quiz.

1- Dans son premier film, Rendez-vous de juillet, de Jacques Becker (1949), il joue...
A- Un gigolo.
B- Un trompettiste de jazz.
C- Un conchyliculteur.

2- Roger Nimier et Louis Malle, les auteurs d'Ascenseur pour l'échafaud (1958, photo), lui offrent le rôle de l'amant meurtrier...
A- Après l'avoir connu chez Castel.
B- Sur les conseils de Jeanne Moreau.
C- Pour sa gueule d'amour.

3- Dans quel film Alain Delon se débarrasse-t-il de lui en le noyant ?
A- Plein Soleil, de René Clément (1960).
B- La Piscine, de Jacques Deray (1969).
C- Mort d'un pourri, de Georges Lautner (1977).

4- Quel chanteur a écrit une chanson en hommage à son personnage du Feu Follet, de Louis Malle (1963) ?
A- Renaud.
B- Daniel Darc.
C- Christophe.

5- Il avait « des yeux à contempler les gouffres » , selon Eric Neuhoff. Mais de quelle couleur ?
A- Bleu.
B- Vert.
C- Noisette.

6- Peintre à ses heures, il a aussi écrit deux livres, l'un sur Le Métier de comédien, l'autre sur...
A- Les bordels de Barcelone.
B- Les cocktails.
C- Les varans.

7- Proche des Hussards (Blondin, Nimier), il admirait aussi des écrivains d'extrême droite dont surtout...
A- Charles Maurras.
B- Louis-Ferdinand Céline.
C- Robert Brasillach. –

Réponses : 1-B ; 2-A et C ; 3-A et B ; 4-A et B ; 5-A; 6-C; 7-C

| Rétrospective Ronet | Jusqu'au 22 oct. | Champo, 51, rue des Ecoles, 5e | lechampo.com.
| Maurice Ronet, le splendide désenchanté, de José-Alain Fralon | Ed. des Equateurs, 284 p. | 20 €.

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 18:44

L'historien Raoul Girardet, qui vient de mourir, n'était assurément pas un admirateur fervent de Robert Brasillach, comme le montre ce compte rendu que le futur auteur de L'Idée coloniale en France de 1871 à 1962 (1972) publia sur La Conquête dans Les Cahiers de la restauration française (octobre 1943) [cliquer sur le cliché pour l'afficher en entier] :

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 10:55

La Chronique de Paris, un rêve de francité nationale-socialiste

par Michel P. Schmitt, article paru dans le n°50 de La Revue des Revues (2013, p.56-89)

De novembre 1943 à juillet 1944 paraît en zone occupée La Chronique de Paris, une revue dirigée par Henry Jamet, et dont l’animateur principal est Robert Brasillach. Les principaux collaborateurs (Lucien Rebatet, André Fraigneau, Georges Blond) sont tous marqués par leur engagement fasciste d’avant-guerre et leurs prises de position collaborationnistes à partir de 1940. Tous sont connus pour leurs romans de grande qualité, régulièrement (re)publiés des années 1930 aux années 2010. À un moment où le vent semble avoir tourné pour le nazisme qui n’est plus sûr de remporter la victoire finale, la revue se propose de rassembler les forces intellectuelles et spirituelles autour de la permanence de la langue, du génie et de l’esprit classique français. À cette fin, les chroniqueurs rédigent de courts essais, publient des inédits et commentent la parution des livres nouveaux, redessinant de la sorte un champ culturel idéologiquement correct, au nom d’une culture européenne où l’Allemagne tient une place de choix, sur la base d’une dénonciation radicale des idées démocratiques et républicaines, communistes et vichystes, et plus que tout de la pensée juive. La présente étude s’interroge sur l’énigme des mécanismes idéologiques qui s’emparent d’esprits brillants et cultivés, d’analystes aigus et sensibles, pour les mettre au service d’un totalitarisme obscurantiste et raciste.



From November 1943 to July 1944, La Chronique de Paris, a review directed by Henry Jamet and whose main protagonist was Robert Brasillach, was published in the occupied zone. The main collaborators (Lucien Rebatet, André Fraigneau and Georges Blond) were all marked by their commitment to fascism before the war and their collaborationist stance from 1940 onwards. All are known for their having written novels of high literary standards, regularly (re)published from the 1930s to the 2010s. At a point when the wind seemed to have turned for the Nazis who were no longer certain of securing the final victory, the review purported to gather intellectual and spiritual forces around the permanence of the French language, genius and classical wit. To this end, the chroniclers wrote short essays, published previously unpublished material and commented on the publication of new books, thus sketching an ideologically correct cultural field in the name of a European culture in which Germany occupied a prominent place and on the basis of a radical denunciation of democratic and republican ideas, of the communists and vichyists, and above all of Jewish thought. The present study questions the enigma of the ideological mechanisms that took possession brilliant and cultivated spirits, of sensitive and sensible analysts to enrol them in the service of obscurantist and racist totalitarianism.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 15:12

Telle est la question posée par un internaute pour lancer un débat sur le site Yahoo ("Questions/réponses").

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 09:27

L'ouvrage de l'universitaire polonais Adam Wielomski Faszyzmy Łacińskie comprend un chapitre intitulé « Romantisme et géopolitique: L’Eurofascisme de Robert Brasillach ».

Publié par ARB
22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 19:55

Billet paru le 17 septembre 2013sur le blog d'un haut dignitaire de S.O.S. Racisme et du Parti socialiste Julien Dray (« Fillon, Marine Le Pen et la "catin" ») :

Les récentes déclarations de François Fillon ne font que confirmer ce que l’on avait constaté : les appareils politiques de la droite conservatrice sont aux abois. Le fond culturel et la base électorale des droites et de l’extrême droite tendent à s’unifier. Devant cette évolution, les chefs de la droite perdent leur sang-froid et s’adonnent à des innovations tactiques chaque jour un peu plus contradictoires.

Un constat s’impose. L’UMP est en train de devenir le syndic de liquidation du gaullisme, de la démocratie chrétienne et de la droite républicaine. Voici quelques semaines Pierre Mazeaud, ancien Ministre, Parlementaire gaulliste et Président de la Fondation Charles de Gaulle, pointait la soumission de l’UMP à une vulgate de plus en plus droitière en déclarant que « Copé est devenu le cousin germain du Front national ». Peut-on lui donner tort ? Les gardes fous ont en effet sauté. Autrefois, après quelques hésitations, une ligne s’était imposée : pas de compromission possible avec le Front National de Jean-Marie Le Pen. Le poids de l’histoire (Occupation, Guerre d’Algérie) interdisait purement et simplement des ententes dont rêvait pourtant secrètement une partie de la droite la plus conservatrice. En 1988, la droite hésita. Une partie d’elle poussa Jacques Chirac à une entente avec Jean-Marie Le Pen mais l’affaire du « point de détail » raviva un interdit qui empêcha toute forme d’entente. En 1998 encore, Jacques Chirac et Philippe Séguin firent échouer la stratégie de rapprochement entre le Front National et une partie de la droite (pour l’essentiel issue de l’UDF), stratégie impulsée au sein de l’extrême droite par Bruno Mégret. Depuis, aucun chef de la droite parlementaire ne se hasarda à envisager aussi directement une entente avec le parti de la famille Le Pen.

Hasard du calendrier, c’est depuis Nice que François Fillon a accompli une transgression de cet interdit relatif au vote en faveur du FN. Ses déclarations, assez peu compréhensibles au premier abord, signifient très clairement que François Fillon rompt avec l’automaticité du « front républicain ». Soumis à la pression d’une base envisageant, avec de moins en moins de retenue, des alliances avec le FN, l’ancien Premier Ministre a sans doute cherché à couper la route du retour à Nicolas Sarkozy. Pis, il a accompli ce geste dans un contexte social préoccupant et propice à une nouvelle flambée droitière.

C’est aussi à Nice qu’un fait divers est venu révéler l’ampleur du problème qui se pose à notre société. Un commerçant, agressé par deux malfaiteurs, a abattu l’un d’entre eux d’une balle dans le dos, alors que ceux-ci s’enfuyaient. Dans un pays où l’institution judiciaire fonctionne, où l’Etat de droit règne, cet événement aurait dû susciter de l’émotion certes mais aussi une attitude digne attendant que la justice saisie fasse son travail sereinement. Or, des centaines de milliers de Français ont « liké » la page facebook de « soutien au bijoutier de Nice » , signifiant ainsi qu’ils adhéraient à l’idée « d’autodéfense », qui n’est ni plus ni moins qu’une légitimation de la justice privée. Cela en dit long d’une part sur l’état de l’opinion en France quant à la question de la délinquance et d’autre part quant à la confiance dans les institutions. Il est temps de redonner corps à un discours républicain refondé, qui réponde aux angoisses du pays et retrouve légitimité et autorité. Dans un pays où l’Etat de droit règne, où les institutions fonctionnent, on s’en remet à l’institution policière et judiciaire pour assurer sécurité, sûreté et justice (encore faut-il que la doctrine soit aussi suivie d’effets). A l’autre bout de la France, un maire s’en prend aux Roms en déclarant que si un de ses administrés « commet l’irréparable », « il le soutiendra ». Qu’un élu de la République en vienne à ces extrémités est signe d’une crise larvée. Tout cela est d’autant plus préoccupant que certains s’adonnent avec une efficacité réelle à une manipulation des symboles. C’est à Marseille, cette fois, que l’on a assisté à un nouveau numéro de transformisme de l’extrême droite…
Car, pour l’instant, une forme de « vulgate républicaine » sert au Front National à se rendre de plus en plus compatible avec de nouveaux segments électoraux. On parle « république », « Etat », « souveraineté », « laïcité » mais on signifie autre chose. On tord les mots, on les manipule, on les utilise dans une alchimie assez commune à l’histoire de l’extrême droite. Mais très vite en effet, réapparait le fil rouge de l’histoire de l’extrême droite dans notre pays. Il suffit d’une phrase, d’un mot pour rappeler ce qu’est le Front National de Marine Le Pen.

Marine Le Pen aime en effet tellement son pays qu’elle compare la France à une « catin ». Patriote, Marine Le Pen ? A Marseille elle déclare très précisément : « « La France, maîtresse des USA, devenue catin d’émirs bedonnants ». Pas la « diplomatie française », pas le « gouvernement français », non c’est la France, c’est-à-dire vous, c’est-à-dire nous, qu’elle compare à une catin. Comme ce petit air m’évoquait quelque chose, j’ai recherché et me suis finalement aperçu que la plume de Marine Le Pen avait dû trouver de qui s’inspirer… « En finira-t-on avec les relents de pourriture parfumée qu’exhale encore la vieille putain agonisante, la garce vérolée, fleurant le patchouli et la perte blanche, la République toujours debout sur son trottoir. » écrivait Robert Brasillach dans Je Suis Partout en 1942. Encore l’écrivain fasciste s’en prenait-il lui à la République et non à la France, tandis que l’héritière, quant à elle, s’en prend directement à la France, qui lui inspire un véritable dégoût. Jean-Marie Le Pen citait « l’Enfant honneur » du même auteur. Sa fille Marine, moins portée sur le par cœur et la poésie, se contente de le paraphraser ou de le plagier. Ce n’est pas pour faire un clin d’œil aux derniers nonagénaires de la Collaboration. Non. Cela révèle tout simplement que, derrière le ripolinage « républicain » et « patriote » du Front National affleure la vieille matrice de l’extrême droite française qui lui fait détester la France telle qu’elle est pour s’en remettre à une France du fantasme, un pays perdu qui n’a jamais existé. Au-delà des alliances dans les urnes, des mains tendues et des accords électoraux en filigranes, c’est une autre question qu’il faut poser. Ne trouve-t-on cette conception de la France qu’au seul Front National ?

François Fillon est-il lui-même fondamentalement si éloigné de cette vision de la France ? Son clin d’œil à l’extrême-droite ne serait pas grand-chose s’il n’était pas sous-tendu par une philosophie profondément réactionnaire. François Fillon est obsédé par l’idée de « déclin ». Il va de soi qu’on peut chiffrer, quantifier, à la fois la désindustrialisation (accélérée sous son gouvernement) ou le déclassement de nos concitoyens (qui a empiré pendant la même période). Mais le « déclin », dans l’esprit de Fillon fait référence à une autre dimension, quasi civilisationnelle. Fillon se fait rédempteur d’une France qui n’a « pas assez travaillé », pas assez souffert sans doute et probablement aussi été beaucoup trop attachée à l’idée d’égalité. « Français, méditez vos malheurs » semble nous dire l’ancien Premier Ministre, imprégné de l’idée que cette France-là doit faire l’objet d’une « thérapie de choc »…

S’installe ainsi, sur fond de crise, une porosité non seulement des électorats mais des élites dirigeantes du Front National et de l’UMP. Ce n’est pas, aujourd’hui, la montée de Madame Le Pen dans les sondages qui est le plus préoccupant, c’est l’effondrement complet de l’adhésion à l’idée républicaine d’une grande partie des élites de droite et plus largement d’une partie de la société.

Il existe, comme toujours dans notre Histoire, une autre vérité de la France. Celle qui croit à l’égalité, celle qui réussit comme toujours depuis de nombreux siècles son métissage constant et qui n’aspire qu’à s’épanouir, à créer et à vivre. Cette France-là n’est ni en déclin, ni une « catin », n’en déplaise à Monsieur Fillon et à Madame Le Pen. Mais, pour que cette France sociologiquement majoritaire l’emporte, il faut que la gauche prenne enfin conscience de sa tâche historique et lui donne les perspectives politiques émancipatrices auxquelles elle aspire. C’est ça le sens de la bataille idéologique. Faire d’une société en mouvement le vecteur d’une France réconciliée avec elle-même.

Publié par ARB
21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 14:22

Dans sa série sur les "écrivains rebelles" (Rivarol, 20 septembre 2013), démarquage du livre de Bruno de Cessole Le Défilé des réfractaires, Robert Spieler parle de Marc-Edouard Nabe comme d'un « étonnant personnage, mélange de Brasillach et de Morand ».

Publié par ARB

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