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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 08:59

Le site du "Cercle du six février", que nous remercions pour avoir signalé la création de notre blog, propose plusieurs pages sur Robert Brasillach :

- Association des Amis de Robert Brasillach

- Robert Brasillach

- A nos morts de Février

- 6 février, solstice de la Nation

- Deux poètes oubliés : Saint Avit et Fortunat par Robert Brasillach

- Documents : avec notamment des discours sur la tombe de Robert Brasillach
Publié par ARB - dans REVUE DU NET
2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:30

Est reproduit ci-dessous un texte (suivi de sa traduction par Novopress) paru sur le site de Casapound, qui narre un hommage romain bien particulier rendu à Brasillach.


Nella notte tra il 29 ed il 30 marzo, a Roma, è stato degnamente celebrato il battesimo del Turbodinamismo, neonata corrente artistica legata all'Associazione di promozione sociale CasaPound Italia ( www.casapound.org ), con l'affissione di decine di manifesti 2×2 m. raffiguranti, in un tripudio di colori, uno dei più grandi poeti d'Europa, Robert Brasillach.
Gli stencils, accompagnati dalla dicitura "Je suis partout", sono stati affissi nottetempo in prossimità di luoghi di rilievo culturale e artistico, quali (inserire).
Il poeta francese, autore di opere leggendarie come i "Poemi di Fresnes" e "Il Nostro Anteguerra", assassinato il 6 febbraio 1945, viene qui omaggiato come artista irriverente e geniale, mente fine e lungimirante, accorto politico.
Ma anche, e forse soprattutto, per puro caso. Avremmo potuto fregiarci dell'effigie di Nietzsche, Buddha, Evola o Dèbord, oltraggiare la barba di Marx, venerare la pelata di Lombroso: non è escluso che lo si faccia un domani.
A chi ci chiederà perchè tutto questo - perchè il caso, l'irriverenza, il gusto per la boutade come forma d'arte - noi risponderemo "perchè fa ride".
Nel rivendicare il beau geste, annunciamo dunque l'emergere dal Caos primordiale dei Turbodinamisti, beffardi artisti auto-elettisi figli di tutti e di nessuno, di cui alleghiamo il Manifesto:1. Turbodinamismo è esaltare il gesto gratuito, violento e sconsiderato, con deferenza e riguardo al vestirsi bene.
2. L'arte è morta da tempo immemore, rivive solo nell'immediatezza dell'azione brava e rischiosa e relega la sua fruizione unicamente al vantarsi poi con gli amici al pub.
3. A chi ci chiede che lavoro fa il menatore rispondiamo seccamente che dispensa virtù nell'apnea decennale del teppismo di facciata.
4. Confinare l'arte in luoghi ed eventi ne santifica la prigionia, noi organizzeremo evasioni spettacolari con quel fare tipico del furfante anni '20.
5. I buoni dell'arte, gli imbroglioni, gli istituzionali, questi lestofanti hanno saccheggiato ogni spirito feroce e ogni Ύβρις, e siamo tornati per riprenderci tutto.
6. Contro l'ansia da air-bag delle vostre mura imbottite, noi esaltiamo le suture e l'ortopedia, il pronto soccorso e maxillo-facciale, poichè urgono fratture per flirtare con le infermiere.
7. Siamo stufi di sentir cantare le vittime e i reietti, di veder glorificate profezie desertiche: rivendichiamo quel certo stile necessario ad appiccare un incendio.
8. Agli anestetizzati del buonismo annunciamo che faremo sistematicamente a pezzi tutto quanto solo per il gusto di farlo. Siamo ben consci che rispondere puntualmente "perchè fa ride" a chi ci domanda il motivo di tanta intolleranza non fa che ingrassare il nostro alone di turpitudine, però fa ride.
9. La nostra tendenza all'assoluto è puntualmente stemperata dal gusto dell'irruzione, nella stasi imperante dettiamo la legge del mercurio. Ma il fatto di odiare praticamente tutti non ci rende certo incapaci di corteggiare una donna omaggiandola di rose rosse.
10.. Il Turbodinamismo celebra la vita, col paradosso della distruzione, celebra la carne e l'accettazione titanica, mascherando nel sorriso la pulsione tragica e la metafisica della guerra. Sorseggeremo del buon whiskey mentre tutto brucia, abbiamo stabilito che il futuro ci appartiene.
www.casapound.org
Gianluca Iannone

Rome : Robert Brasillach s'affiche sur les murs de la ville éternelle
 31/03/2009 - 17h00
ROME (NOVOpress) -
Dans la nuit de dimanche, des photos géantes de l'écrivain et poète français Robert Brasillach ont fait leur apparition sur les murs des hauts lieux de culture de la capitale italienne. L'action, qui concorde avec le centenaire de la naissance de l'écrivain, le 31 mars 1909 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), a été revendiquée par Casapound <http://www.casapound.org/> , le centre social phare de la droite radicale romaine, et s'est voulue l'acte de naissance du « Turbodynamisme ».
« Dans la nuit du 29 au 30 mars, à Rome, a été dignement célébré le baptême du Turbodynamisme, nouveau courant artistique lié à l'association de promotion sociale Casapound, avec l'affichage de dizaines d'affiches de deux mètres sur deux, représentant, dans une débauche de couleurs, l'un des plus grands poètes européens, Robert Brasillach. Des autocollants portant la mention "je suis partout" ont également été collés à proximité de lieux culturels et artistiques », explique l'association dans un communiqué.
« Hommage a ainsi été rendu au poète français, auteur d'œuvres inoubliables telles que les Poèmes de Fresnes et Notre avant-guerre, assassiné le 6 février 1945, en tant qu'artiste irrévérencieux et génial et que politique avisé et clairvoyant, mais aussi, et peut-être surtout, par pur hasard. Nous aurions aussi bien pu nous parer des effigies de Nietzsche, Bouddha, Evola o Debord, outrager la barbe de Marx, vénérer le crâne chenu de Lombroso : il n'est pas exclu qu'on le fasse un de ces quatre matins. A ceux qui nous demanderons pourquoi tout ça, pourquoi le hasard, l'irrévérence et le goût pour la boutade en tant que forme d'art, nous répondrons : "parce que c'est rigolo". En revendiquant le "beau geste" [en français dans le texte - NdT], nous annonçons par conséquent l'émergence du Chaos primordial des Turbodynamistes, artistes moqueurs autoproclamés fils de tous et de personne », précise encore le communiqué.
S'ensuit un Manifeste qui précise en 10 points les ambitions du tout nouveau courant artistique (disponible en italien sur le site de Casapound).
 
Source : http://fr.novopress.info/

Publié par ARB - dans REVUE DU NET
2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 11:25
Voici un article paru hier sur le site "Mister Arkadin".
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Pour accompagner la sortie en France du film Katyn, ce 1er avril 2009, je reproduis ci-dessous « J'ai vu les fosses de Katyn », reportage du journaliste et critique de cinéma Robert Brasillach, paru dans Je Suis Partout (n°622, 9 juillet 1943, p.1-9, dans le cadre d'une série « Choses vues »).


Lorsque M. de Brinon nous fit l'honneur, à Claude Jeantet et à moi, de nous demander de l'accompagner en Allemagne et sur le front de l'Est, afin de rendre visite aux légionnaires français contre le bolchevisme, j'avoue avoir immédiatement pensé que nous pourrions peut-être visiter l'horrible nécropole de Katyn. Mais cette escale n'était point prévue, et, tout au long d'un voyage passionnant et admirablement organisé, où les autorités militaires et civiles rivalisèrent d'attention et de délicatesse, il me semblait voir s'éloigner la possibilité que j'avais entrevue. Nous avions beaucoup de choses à faire, beaucoup à voir, nous ne disposions que d'un temps limité. Et puis, la chaleur venait, les fosses de Katyn avaient été refermées, et on ne les rouvrirait qu'au moins d'octobre pour poursuivre les travaux d'identification. Aucun journaliste français n'était encore allé à Katyn. Si les Espagnols avaient eu la chance de lire les saisissants reportages de Gimenez Caballero, il avait fallu nous contenter du rapport officiel de la commission internationale, à laquelle assistait, pour la France, je ne sais quel apothicaire étoilé, décoré du nom de médecin général, qui avait admis sans discuter le bien-fondé de toutes les remarques de ses collègues, mais n'avait pas eu l'élémentaire probité de signer lui-même le rapport. Pourtant, nous insistâmes, et, à la fin de notre voyage, on nous mena passer la nuit à Smolensk, de façon à voir Katyn au petit matin.

Aujourd'hui, je rassemble dans mon souvenir, pêle-mêle, les images de ces journées : nous avons voyagé en sleeping et en trains de troupes, dans les « wagons durs » et en voiture, dormi dans les grands hôtels viennois et les maisons de bois de la Bérésina, partagé le repas des légionnaires ou la soupe distribuée aux soldats dans les gares et la délicate cuisine française préparée en notre honneur dans les réceptions d'état-majors : nous avons parlé avec les réorganisateurs de la vie économique du pays, avec les ouvriers de Berlin ou de Vienne, et je me sens presque découragé devant cet amas d'impressions et de figures, qu'il s'agit de faire comprendre. Mais si ce voyage a un sens, c'est bien sa dernière image de Russie qui le lui donne, et c'est par elle qu'il faut commencer.

J'ai vu Katyn. Cette perception directe, que rien ne peut remplacer, je l'aie eue. J'ai contemplé le paysage, respiré l'odeur abominable, j'ai marché à travers les sentiers du petit bois riant qui recouvre tant de cadavres, j'ai regardé, dans le vent du matin, les grandes fosses de terre ocrée, les arbres sauvages, les buissons. Je n'ai rien à dire que je n'aie vu.

L'odeur du charnier

Avec la monotonie de la plaine russe, l'étendue lépreuse et lugubre des prés, des marécages, à peine coupée par les forêts, les environs de Smolensk forment un agréable contraste. Les collines charmantes laissent entre elles des vallonnements frais, des bois sans sauvagerie, des jardins. Le petit village de Katun (car c'est ainsi que l'on dit là-bas) n'est sans doute guère différent des autres villages russes : je ne l'ai point vu. J'ai vu seulement un bois, de cinq à six kilomètres, un fouillis d'arbres et de halliers. On irait volontiers passer quelque week-end à Katyn, s'il y avait des week-ends en régime soviétique. Tout cela est vert, dans cet été qui commence, encore proche du printemps, plein d'un charme facile, plus proche encore de Jean-Jacques que de Tolstoï. C'est pourtant là.

On sait comment s'est faite la découverte, de la façon la plus banale. Quelques travaux, quelques tranchées ont mis à jour des cadavres d'officiers polonais. Les Allemands ont interrogé les paysans des environs. Après beaucoup de réticences (la crainte passée des Soviets paralyse parfois les langues), ils ont avoué qu'on avait amené dans le bois, voici trois ans, des trains entiers de prisonniers. Et aussi des Russes. On a poussé plus avant les recherches. On est tombé sur une fosse énorme, qui renfermait des milliers de corps, entassés tête-bêche. On en a identifié deux ou trois mille. Puis, petit à petit, on a découvert d'autres fosses. Pour nous, malgré l'interruption des travaux, on a rouvert un des emplacements funèbres cette nuit. C'est le matin. Nous nous sommes levés à cinq heures, nous nous étions couchés à deux heures et demie, au moment où le jour, qui apparaît très tôt en Russie, commençait déjà à blanchir l'horizon. Il a plu, le ciel est gris, c'est une aube d'exécution capitale classique, et il fait presque froid. Il n'y a pas beaucoup de chemin à faire, depuis la route maintenant séparée du bois par un enclos, pour gagner les tombes. Nous traversons silencieusement le bois, et on nous mène près de la fosse.

Et tout de suite, ce qui nous saute au visage, c'est l'odeur. Le chauffeur de notre voiture qui avait déjà fait cette sinistre visite m'avait prévenu. Ce n'est pas une petite fille. Il a la médaille d'hiver, il a fait campagne, c'est un vieux militant des luttes du national-socialisme :

- je n'ai pas pu manger pendant deux jours, nous a-t-il dit.

Autour de cette fosse, où tout le monde s'est mis à fumer pour masquer l'odeur abominable, il y a des hommes qui ont connu l'autre guerre, et les champs de bataille de celle-ci. Presque tous sont saisis. Pourtant, il faut nous pencher, regarder, il faut sentir.

Je voudrais faire passer un peu de cette odeur à travers les fumées d'encens des archevêques bolchevisants.

Odeur massive, odeur noire et âcre, inoubliable odeur du charnier. Quelque chose de vivant comme une bête, longuement pourri dans cette terre qui n'abîme pas trop les cadavres. Ils sont là, pressés et compacts, et d'eux monte cette chose qu'on pourrait cerner, qu'on pourrait tenir dans ses mains, tant elle est lourde. Le vent parfois la jette à nos visages, et on a envie de s'essuyer, comme si elle était gluante, fétide et molle. Mais ce n'est qu'une odeur. Mais ce n'est qu'une odeur. La viande pourrie, le gibier grouillant de vermine, le suint des étables longuement fermées, la vomissure, les vieilles gangrènes purulentes, la fermentation des graines semblent se mêler tour à tour dans un atroce composé amer. Peut-être est-ce le poisson avancé que cela nous rappelle le plus. Mais un banc énorme de poissons, pourri dans l'âcreté marine, avec des relents d'abcès crevés, de sanies purulentes, de plaies vertes où coulent les toxines. Oui, vraiment, c'est l'odeur qui nous attaque, qui nous enveloppe, et nous y descendons comme nous descendrions dans la fosse elle-même, baignés dans l'horrible suintement, et toute la journée, nous traînerons avec nous, sur nos vêtements, à nos chaussures, cet innommable souvenir gras, indélébile et puant.

Jugement dernier

Après tant de mois, cette odeur ? Mais oui. Il faut croire que la terre de Katyn a des propriétés conservatrices particulières. Quand les hommes affairés à cette besogne remuent les malheureux cadavres polonais, quand ils en soulèvent un au bout de leur crochet, ils nous envoient en même temps à la figure cette odeur, comme si elle était une pelletée de terre. Et nous voyons alors se dresser, debout, comme un décharné de Ligier Richer, un fantôme aux dents découvertes, sec et muet, qui nous apporte sa bouffée de pourriture.

Ils sont là, rangés tête-bêche, bien reconnaissables dans leur bel uniforme souillé et terni, avec les bottes, le grand manteau. J'ai passé plusieurs mois en captivité avec des officiers polonais, je puis reconnaître leurs frères. Ils sont la face contre terre, on nous désigne la trace du coup de revolver dans la nuque. Les photographies nous les ont montrés, mais rien ne peut donner l'idée de cet entassement régulier, couche par couche, aussi méthodique qu'un entassement de conserves. Dans cet amalgame, tout semble se tenir, comme si une matière gélatineuse unissait les corps. Il faut les détacher les uns des autres, au bout de fourches ou de tridents, et l'on entend alors une sorte de déchirement de papier gras. Des fossoyeurs indifférents marchent dans le sable et remuent les cadavres. Ils nous en saisissent un par deux crochets, et le jettent à nos pieds, sec, léger, comme un énorme hareng.

C'est encore une comparaison empruntée aux peuples de la mer qui me vient à l'esprit. Mais elle frappe trop pour ne pas la faire. S'il est vrai que le fœtus naît dans l'élément marin, je veux croire désormais que le cadavre devient, lui aussi, cette étranger bête à sang froid, coagulé et vert. Il est là, ce hareng sec et monstrueux, arraché à la gélatine des autres corps. Ses côtes saillent comme des arêtes sous le vêtement. Nous nous penchons sur lui, nous regardons. Il y a déjà longtemps que je ne respire plus que, par la bouche, exercice que je recommande dans cette situation, et je vois quelques-uns de nos compagnons qui répriment à grand peine leurs nausées.

Au couteau on coupe les poches du malheureux pour le fouiller. Voici de la monnaie polonaise, un portefeuille, des papiers d'identité, un envoi d'argent de sa famille adressée à son camp de prisonniers, avec les cachets de la poste encore bien visibles, un journal russe d'avril 1940. Tout cela sali, taché, humide d'innombrables contacts, mais encore reconnaissable.

Nous raisonnons avec froideur, si la froideur est possible ici. Que ces corps soient des corps de Polonais, cela n'est pas douteux. Aucune supercherie n'est possible, de ce côté-là. Peut-on nous avoir monté, pour la propagande, une immense et atroce mascarade ? Mais on a fouillé pour nous ces cadavres, qu'il est vraiment impossible d'avoir « préparés » à l'avance : les vêtements sont collés au corps, il faut le couteau pour les détacher. Sans dégoût apparent, les fossoyeurs russes arrachent les poches et nous montrent ce qu'elles contiennent. Et les papiers sont irréfutables, ainsi que les dates. Un journal, une lettre, rien de postérieur au mois d'avril 1940. Il faut que l'exécution ait eu lieu à quelques jours de là, quelques semaines tout au plus. On ne peut désigner qu'un coupable : le bourreau soviétique.

On s'excuse de ces raisonnements, peut-être ne sont-ils pas inutiles. Il y a encore des gens qui s'imaginent que Katyn est un bluff, les Soviets auraient-ils rompu avec les émigrés polonais de Londres à ce sujet ? Mais toute logique abstraite est dépassée par la vision de ces corps écrasés. Si le visage est abîmé et méconnaissable, bien qu'il ne soit pas réduit aux seuls os, le corps, à travers les vêtements coupés, conserve encore la peau, les muscles, un amas vert, rose et jaune, tantôt durci, tantôt gélatineux, que la terre sablonneuse a gardé en état. J'avoue être, pour ma part, plus sensible, physiquement, à l'horreur vivante, aux blessures, aux brûlures, aux mutilations. Je puis me pencher sans trop de dégoût physique sur ce cadavre insolite, hors de notre humanité. Mais il est là, ce grand gaillard qui devait être vigoureux, rejeté sur le sable comme sur une grève, témoin d'un crime. Et il parle par toute son immobilité, comme au jugement dernier.

Cent mille...

On nous mène à une autre fosse, plus petite, où un cadavre a les mains attachées derrière le dos. Un autre a sa vareuse rabattue sur le visage. Il paraît qu'ailleurs on a trouvé des Russes sans trace de balle, mais de la terre dans la bouche : enterrés vivants.

Pour les officiers polonais une étrange question se pose. Celui que j'ai exhumer et fouiller avait une lettre de sa famille adressée à son camp. Donc, pendant quelques mois, de l'automne 1939 au printemps 1940, il avait joui du statut régulier des prisonniers de guerre. Le statut que les Soviets n'ont jamais appliqué aux Allemands et à leurs alliés. Le malheureux avait correspondu avec les siens, reçu des colis et même de l'argent. Et puis, un beau jour, tout s'est arrêté. Les Russes ont mis dans des wagons douze mille officiers, et les ont méthodiquement exécutés dans les fosses de Katyn. Pourquoi ce brusque changement ?

Il ne peut y avoir qu'une réponse. Pendant quelque temps les Soviets ont espéré gagner l'armée polonaise. Non seulement celle qui était originaire des régions occupées par eux, mais aussi bien les officiers originaires de Varsovie, des régions occupées par l'Allemagne (la lettre que j'ai vue venait du Gouvernement Général) ce qui laisse soupçonner bien des machinations. Et puis, un jour, ils ont compris que les Polonais haïssaient le bolchevisme, que ce peuple si souvent irréfléchi, si souvent léger, d'une légèreté tragique, n'avait pas oublié la leçon anticommuniste de Pilsudski, et qu'au-delà de Pilsudski, il n'avait pas oublié que son histoire fut essentiellement anti-russe. Les Soviets ont tiré la conséquence logique de cette constatation : ils ont décapité l'élite polonaise, comme ils ont anéanti l'élite des pays baltes.

Nous traversons le bois, où le vent a emporté quelques billets de banque polonais, que l'on ne garde point, puisqu'ils sont sans valeur et ne peuvent servir à l'identification. Je voudrais en ramasser quelques-uns pour donner à la quête, dans quelque église. Je pense que partout - et même en Amérique - les Polonais ont fait prier pour les leurs. Mais que nulle part à l'étranger et même pas au Vatican, on n'a entendu un cardinal ou un évêque élever la voix pour condamner ce massacre de catholiques. L'épiscopat français s'est tu, lui qui aime tant parler. Mgr Baudrillart ne se serait pas tu. Pie XI lui-même, qui condamna les massacres d'Espagne, ne se serait sans doute pas tu. L'Eglise manque d'hommes.

Voici une autre fosse devant nous, une autre éminence à peine creusée. Presque à la surface, des corps de paysans. Cette fois, ce sont des Russes, sans papiers, sans identité, pauvres bougres tués en 1937 et 1938, selon toute vraisemblance. On ne saura jamais pour quel « crime ».

- Partout, nous dit l'officier qui dirige les fouilles, on trouve des fosses. On pourrait creuser par hasard. Et d'après la superficie du bois, et la densité des tombes, nous pensons maintenant qu'il y a là de soixante mille à cent mille cadavres.

Cent mille cadavres... Dans ces fourrés riants, comme on en trouve à Vincennes ou à Fontainebleau.

Pitié et réflexion

À l'entrée de la nécropole, les Allemands ont rassemblé les corps exhumés, plusieurs milliers dont près de trois mille ont été identifiés. Après avoir réuni leurs papiers et tout ce qui pouvait servir à les reconnaître, l'armée allemande leur a donné des bombes décentes, des tombes de soldats, immenses et régulières, surmontées de hautes croix. Il y a parmi eux cent cinquante médecins. À part, les sépultures de deux généraux. C'est là que des chapelains polonais ont dit la messe. C'est là qu'on nous demande de venir, et que l'ambassadeur de France et nous-mêmes saluons les victimes de la guerre. Dans cette minute silencieuse, au-delà de toute politique, nous, Français, nous pouvons penser qu'au mois de septembre 1939 nous étions les compagnons d'armes de ceux qui reposent ici, victimes de chefs imprudents, des excitateurs d'Amérique, et de la barbarie bolchevik. Et nous ne voudrions pas laisser place à un autre sentiment qu'à la pitié.

Mais il faut aussi réfléchir. L'une des plus importantes revues anglaises, la Nineteeth Century, dans son numéro de juin, demandait franchement pourquoi les Polonais n'étaient pas passés du côté des Allemands, d'autant plus, ajoutait-elle sans fard, que les Polonais qui ont fait preuve de bonne volonté, n'en ont tiré qu'avantages particuliers et généraux. Quand nous sommes entrés à Paris, cela a été pour apprendre que le général Siborski, chef des émigrés de Londres, et qui avait pris l'initiative de demander une enquête sur Katyn, venait de se tuer en avion avec son chef d'état-major. Peut-être est-il la dernière victime en date de Katyn, comme Darlan était la dernière victime de Mers-el-Kébir.

On sait que la Croix-Rouge polonaise, dirigée par des médecins polonais, a collaboré activement à l'exhumation et à l'identification. On sait que des officiers polonais, prisonniers de l'armée allemande, ont été amenés en avion pour reconnaître le charnier. Ils en sont repartis pleins d'une indignation immense et sont prêts, ont-ils dit, à prendre les armes contre le bolchevisme. Les craintes de Nineteenth Century ne sont point vaines : la mort de Siborski le prouve. En Français, en Européens, en hommes formés par le christianisme, nous souhaitons que le mouvement s'accentue encore.

Dans ce décor que la mort rend sinistre, sous la grisaille du ciel russe, nous pouvons songer au malheureux sort d'un pays entraîné par des fous et des mégalomanes hors du destin modeste et sûr qui aurait pu être le sien. Mais nous songeons surtout que ce charnier épouvantable donne la mesure de ce qui pourrait nous attendre tous. Ces officiers antibolcheviks ne sont point seuls. À côté d'eux, des dizaines de milliers de Russes, peut-être des révolutionnaires, peut-être même les aides-bourreaux, dorment pêle-mêle. Si la barrière de l'Occident venait à crever, les abbés rouges dormiraient à côté des riches gaullistes aussi bien que des collaborationnistes tièdes ou convaincus. Et l'odeur de Katyn monterait alors de Fontainebleau ou de la Loire.

Voilà ce que nos yeux ont vu. Nous avons tenu à le dire, avant toute autre chose, parce qu'il nous semble tenir là un des éléments essentiels de cette guerre. Elle n'est point faite au peuple russe, on l'a répété vingt fois : elle est faite pour briser et contenir ce que représente la sauvagerie mécanique et implacable de Katyn. À la fin de notre séjour en Russie, dans cette aube froide, nous emportons collée à nous l'odeur du carnage pourri, et la vision de ces bancs énormes de vaincus, agglomérés et échoués dans les clairières sablonneuses, la bouche ouverte comme des poissons étouffés. Du Vatican, de Paris, de Lyon, de Lille, que ne peut-on organiser des pèlerinages, afin de prier - et de comprendre !


En compléments, plusieurs documents audiovisuels relatifs à ce reportage, évoqué dans l'émission « Concordance des temps » du 25 octobre 2008 (« Les politiques mentent-ils toujours ? »), dans laquelle Jean-Noël Jeanneney s'interrogeait pour savoir quels étaient «  les avantages et les inconvénients des travestissements de la vérité dans les gouvernements des hommes » :
-       la Visite de Monsieur de Brinon aux combattants de la LVF, Actualités Françaises, 1er janvier 1943, 10 min. 15 sec. ; INA [un autre document de l'INA] ;  
-       le massacre de Katyn.

 



Publié par ARB - dans REVUE DU NET
1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 10:18

Le centenaire de Robert Brasillach a été salué hier par Jean-Luc Leopoldi sur le site Novopress (voir également les commentaires qui suivent) :
Aujourd’hui, Robert Brasillach aurait pu fêter son 100e anniversaire puisqu’il est né à Perpignan le 31 mars 1909. Seulement voilà : le 6 février 1945, ce délicieux écrivain, grand Français et grand Européen (au vrai sens du terme) immensément cultivé, fut assassiné par un peloton d’exécution avec la bénédiction du gouvernement provisoire d’un certain Charles De Gaulle.

Il n’avait tué personne ; il a été condamné à mort pour ses opinions, parce qu’il était trop brillant pour les médiocres vainqueurs, et qu’il avait eu le courage de ne pas fuir comme d’autres, et de se livrer lui-même pour faire libérer sa mère qui venait d’être arrêtée. Il n’avait pas 36 ans. Et le recours en grâce formulé par les plus grands intellectuels de l’époque, toutes tendances confondues (sauf les communistes) laissa le général de marbre. Cela s’appelait « l’épuration ».

En cette 64e année de notre démo-crassie nurembergeoise, qui sévit toujours, à notre époque maniaque des commémorations, repentances, excuses en tout genres et « devoirs de mémoire » (la mémoire est ce qui remplace la véritable Histoire), nos média dévoyés (pour rester poli), aux ordres d’une dictature qu’il est interdit de nommer, n’auront pas un mot pour honorer ce grand artiste martyr de la liberté d’expression et demander pardon. Honte à eux !

Au contraire, ils rajouteront une louche de « Shoah », dont nous sommes déjà gavés quasi-quotidiennement, jusqu’à la nausée et au-delà.

Nous ne ferons pas comme eux. Nous nous souviendrons, et parlerons de Robert autour de nous !

Association des Amis de Robert Brasillach : http://brasillach.ch & http://arb6245.over-blog.net

Publié par ARB - dans REVUE DU NET
18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 03:36

Cette question, a priori absurde, a posteriori pertinente, m'est venue en lisant l'article de Pascal Manuel Heu rappelant le centenaire de Robert Brasillach (1909-1945). D'entrée, je dirai oui ! Et le fait d'être Perpignanais n'influe pas mon opinion ! D'ailleurs, l'iconographie illustrant ma note expose l'une des plus belles pièces de ma collection de livres et revues sur le cinéma ! C'est naturellement, l'édition originale, celle des Éditions Denoël et Steele, 19 rue Amélie, 19 (sic !), Paris, 422 p., 1935. L'exemplaire - qui n'est pas à vendre - est en parfait état, et hautement sécurisé sous pellicule plastifiée. Mais je ne suis qu'un simple amateur, certains possédant toutes les éditions ! Pour en revenir à mon interrogation, elle est née de griefs qui me furent faits - en collaborant occasionnellement à l'écriture d'une brochure de cinéma - d'avoir cité les sieurs Bardèche et Brasillach pour la meilleure compréhension d'un film muet. Les bras et la mâchoire m'en tombèrent. Les fâcheux me reprochaient le texte qui, extrait de l'édition originale, était irréprochable ! En fait, il ne fallait pas mentionner les deux auteurs ! Nonobstant, s'agissant de l'Histoire du cinéma, comment ne pas faire référence à l'ouvrage éponyme de Bardèche et Brasillach ? Ce livre, s'il n'est pas la première étude générale du cinéma (cf. Georges-Michel Coissac, Histoire du cinématographe des origines à nos jours, Paris, Cinéopse-Gauthier Villars, 1925 ; Georges Charensol, Panorama du cinéma, Paris, Kra, 1930), est l'un des premiers ! Il faut donc fêter les 100 ans de Robert Brasillach ! CQFD ! Ce Que Fêter (se) Doit !
Albert Montagne

(texte paru sur le "Big Blog", "Notes cinéphiles et censoriales d'Albert Montagne", le 15 mars 2009 ; reproduit avec l'aimable autorisation de son auteur).

Publié par ARB - dans REVUE DU NET
7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 22:36
Un entretien avec Anne Brassié sur Robert Brasillach a été publié hier sur Novopress :

Robert Brasillach, ou encore un instant de bonheur

Né le 31 mars 1909, il y aura bientôt un siècle, Robert Brasillach a été fusillé le 6 février 1945 à l'issue d'un procès inique. Anne Brassié a publié en 1986 une biographie de l'écrivain qui fait autorité. L'auteur, née après la guerre, a été professeur de français en France et en Afrique Noire. Puis, journaliste littéraire, elle a écrit trois biographies : Robert Brasillach, ou encore un instant de bonheur, disponible à la librairie Primatice, 10 rue Primatice, 75013, et à la librairie Duquesnes, 27 avenue Duquesnes, 75007, La Varende, pour Dieu et le Roi chez Perrin (épuisé) et une Vie de Sainte Anne, de Jérusalem à Auray, aux éditions du Rocher. On trouvera une sélection de ses articles littéraires dans un livre intitulé Ces livres qui m'ont choisie, illustré par Chard et publié chez Godefroy de Bouillon. Elle anime depuis 20 ans une émission littéraire d'une heure sur Radio Courtoisie, 95.6 sur la bande FM, le jeudi matin à 10 h 45 (rediffusée à 14 h et le samedi à 19 h) au cours de laquelle elle interroge un seul écrivain et lit des passages de son livre.

Image Hosted by ImageShack.us Novopress : Ne fallait-il pas beaucoup d'inconscience pour consacrer un ouvrage à l'un des témoins « les plus engagés dans le mauvais camp », de cette période « la plus sombre de notre histoire » ? N'êtes-vous pas restée « le biographe maudit d'un poète maudit » ?...

Anne Brassié : Au moment de la parution de mon livre, un critique du Figaro remarquait que j'avais en effet eu quelque mérite à publier cet ouvrage... « Quarante ans après, les passions ne sont pas apaisées et tous les comptes ne sont pas encore réglés » écrivait-il. Je constate que, plus de soixante ans après, les passions se sont exacerbées et que les comptes se règlent maintenant à coup d'oukases des ligues de vertu, avec condamnations sonnantes et trébuchantes devant les tribunaux. Je ne sais si, à l'heure actuelle, un tel livre trouverait un éditeur assez courageux... ou assez fou ! L'affaire Aussaresses qui vient fort heureusement de trouver un juste épilogue, est à cet égard emblématique : condamnés à des amendes extravagantes pour avoir publié un témoignage-clé sur le drame algérien, les éditeurs n'ont dû leur salut qu'en portant l'affaire devant la Cour européenne des Droits de l'Homme... On veut tuer la mémoire française en interdisant de parole et de témoignage ceux qui soutiennent des thèses non conformes à la pensée historique unique. C'est lamentable d'hypocrisie et d'indigence intellectuelle. La pensée et l'écriture sont des exercices solitaires qui vous immunisent contre la propagande et les mots d'ordre.

Novopress : Votre travail est celui d'un historien et non d'un hagiographe. Vous cherchez avant tout à cerner la vérité.

Anne Brassié : J'ai été très tôt séduite par la subtilité et la délicatesse du romancier et du poète, et fascinée par une destinée hors du commun. Georges Blond a pu évoquer à son propos « un personnage de roman qu'aucun romancier n'eut inventé »... En 1976, mon diplôme de maîtrise à la Sorbonne a porté sur « Comparaisons, images et métaphores dans un roman de Brasillach ». Il s'agissait de Comme le temps passe. J'ai consacré les dix années suivantes à tout lire de Brasillach et sur Brasillach - romans, pièces de théâtre, essais, biographies, témoignages, archives... - Mon enquête fut également riche de rencontres. Pendant plus de deux ans, j'ai partagé la vie de Suzanne, la sœur de Robert, et de son époux, Maurice Bardèche. Une complicité heureuse avec deux témoins privilégiés. D'autres rencontres ont été également lumineuses. J'évoquerai naturellement la figure extraordinaire de Jacques Isorni, l'avocat de Brasillach, ainsi que celle de Pierre Sipriot, grand critique littéraire, d'une immense culture dépourvue d'œillères. Il admirait Robert Brasillach, et c'est lui qui me commanda cette biographie. Je me suis avant tout astreinte à une lecture méthodique des textes. Si j'ai livré au public un livre de passion, mon premier souci a été celui de comprendre, non de justifier ou de condamner. Ni plaidoirie, ni réquisitoire. Je pense avoir saisi l'homme dans la complexité de son histoire et de son être, et non un stéréotype idéologique sur lequel il eut été plus aisé de faire le départ entre le « bien » et le « mal ». Citons Malraux - une fois n'est pas coutume - : « Juger, ce n'est pas comprendre, car si l'on comprenait, on ne pourrait plus juger »... Et puis deux êtres coexistent chez Brasillach : l'un est anarchiste en esprit, il est le romancier à la sensibilité frémissante et au tendre souffle juvénile, doué pour le bonheur, qui sait délicieusement goûter le temps qui passe, les voyages, la mer, les paysages d'une Espagne écrasée de soleil, la nostalgie des « merveilleuses années de jeunesse »... L'autre est un esprit inquiet, qui s'impose des règles de conduite d'une rigueur quasi-janséniste, donne au monde des lettres son étude la plus pénétrante sur le héros cornélien, est hanté par la figure du père, héros de la pacification du Maroc, officier « mort pour la France ». Il faut admettre que c'est la même plume qui a écrit Bérénice et certains brûlots de Je suis partout. De bonnes âmes ont voulu séparer l'« ombre » de la « lumière », le « mal » du « bien ». Quand on a de l'empathie pour quelqu'un, cette mécanique est totalement impossible à mettre en jeu. Je la laisserai aux flics, aux juges et aux commissaires politiques. lors d'un assaut sanglant à la tête de ses troupes...
Novopress : En vous lisant, on a le sentiment d'un écrivain égaré en politique, « plus rêveur que casqué » a-t-on pu écrire. Quand au moment de son procès, l'instruction tente de cerner ses engagements politiques, la réponse qui paraîtra finalement la plus appropriée est « néant »... Même au plus fort de son engagement politique, sa production littéraire reste impressionnante

Anne Brassié : Brasillach n'eut d'abord que mépris pour les « écrivains engagés ». Avant de devenir, fusillé à 35 ans, le symbole de l'intellectuel « engagé jusqu'au poteau ». Son Histoire du cinéma, en collaboration avec son beau-frère, le fidèle Maurice, fait autorité. Prisonnier en Allemagne, il composa La Reine de Césarée, l'une des pièces les plus profondes du théâtre français. Dans les derniers mois de sa vie, alors qu'il savait que la mort était au bout du chemin, il écrivit un roman, Six heures à perdre, un essai critique, Tombeau pour Giraudoux, une Anthologie de la poésie grecque, en plus de ses articles dans Révolution nationale et Chronique de Paris... Oui, avant tout un écrivain, un amoureux du théâtre - ses liens quasi fusionnels avec le couple Pitoëff - et un poète, pour lequel une journée sans quelques vers jetés sur un bout de papier de fortune était une journée ratée. Pour les zélateurs de l'épuration, Brasillach reste comme un remord, car ainsi que l'a écrit fort justement Anne Bernet, « on n'assassine jamais impunément Chénier ou Lorca »... La politique ennuyait profondément Brasillach. Pendant sa vie d'étudiant, on ne note pas le moindre engagement politique ! La place de Je suis partout dans la vie de Brasillach pose à cet égard problème. Mais l'hebdomadaire tire à 200.000 exemplaires - des chiffres inimaginables de nos jours - et les signatures prestigieuses s'y bousculent : Maurras, Léon Daudet, Bainville, Massis, Gaxotte, Maulnier, Boutang, Drieu, Céline, Vailland... - Quand Gaxotte lui propose d'en être rédacteur en chef, le jeune homme de 28 ans ne refuse pas.

Novopress : Le fascisme... Davantage un idéal d'esthète pour le « rêveur Brasillach » - culte de la jeunesse, de la beauté, de la nature... - qu'une construction politique rigoureuse ?

Anne Brassié : Pour Peter Tame, « le fascisme n'a pas été pour Brasillach une doctrine politique, mais une attitude devant la vie ». La France d'avant-guerre « sombre dans la déliquescence sale et délicieuse », comme le dira Clemenceau... La démocratie parlementaire de l'époque était - déjà - un anti-modèle, éclaboussée de scandales jusqu'à l'os. Quelles solutions pour un patriote sincère dont le pays « lui fait mal » ? Les diatribes de Brasillach contre l'argent, les juifs, la gauche, la franc-maçonnerie, ne peuvent se comprendre en dehors de l'amour passionné qu'il porta jusqu'au bout à son pays. Brasillach a vu les charniers de Katyn, il sait de quelles horreurs est capable cette idéologie que d'aucuns présentent comme l' « avenir radieux de l'humanité ». Pour lui, toute compromission avec le communisme est proprement inimaginable. Il a poussé cette logique du refus jusqu'à l'absurde, jusqu'à considérer les soldats de la Wehrmacht comme ses « frères d'armes », sans voir que le régime national-socialiste, fondé comme son alter ego communiste, sur l'athéisme, le matérialisme, le mépris de la vie humaine, en portait exactement les mêmes tares et enfanteraient nécessairement les mêmes monstruosités. Mais le fascisme de Brasillach n'a rien à voir avec le nazisme. Dès la sortie de Mein Kampf en France - « un monument de sottises profondément ennuyeuses » qu'il est l'un des rares Français à avoir lu... - il dénoncera Hitler comme « un fou pathologique ». Le Latin qu'il est reste dubitatif devant les charmes de l'esthétique wagnérienne, chère aux maîtres du Troisième Reich... Pour Brasillach, nourri de la germanophobie - comme on dirait de nos jours... - de Maurras, l'Allemagne est « une planète inconciliable avec la nôtre ». Le fascisme de Brasillach se nourrit bien autrement de la figure charismatique d'un José Antonio Primo de Rivera - « la jeunesse assassinée » - et puise à la source d'un fascisme romantique, solaire, apollinien, qui n'a rien à voir avec les brumes teutonnes et les ivresses païennes et dionysiaques de Nuremberg. Brasillach rêve le fascisme plutôt qu'il n'en élabore la doctrine. Il évoque un « fascisme étoilé et rayonnant, avec ses chansons et son labeur, ses drapeaux dans le vent du matin »... En matière de fascisme, la reductio ad hitlerum fait fureur, si l'on ose dire. Mais quels rapports idéologiques entre José Antonio et Adolf ? Aucun. Quels rapports idéologiques entre Mussolini et Hitler ? Aucun. L'Espagne de Franco et l'Italie de Mussolini furent des régimes certes forts, mais en aucune façon des régimes totalitaires comme l'ont été l'Allemagne hitlérienne et l'URSS. Franco est resté neutre en 40 et ce sont les démocraties occidentales qui, par aveuglement, ont poussé Mussolini dans les bras d'Hitler. En revanche, Hitler et Staline étaient bien deux crocodiles de la même espèce : le « pacte d'amitié et d'assistance germano-soviétique » n'est en rien une aberration de l'histoire. Mais nos deux crocodiles partageaient le même marigot, il y en avait donc un de trop. Le nazi voulut croquer le bolchevik, c'est finalement le bolchevik qui croqua le nazi...http://shop.upsylon.com/librediff/images/items/brassiellach_gd.jpg

Novopress : Contre Brasillach, il y a l'accusation létale d'antisémitisme...

Anne Brassié : L'arme absolue de nos censeurs, c'est l'anachronisme. Un pseudo critique a pu ainsi écrire en 1987 que Brasillach « prêchait le gazage des enfants juifs avec leurs parents » ! Or les armées alliées ne sont entrées dans les camps du régime national-socialiste qu'après l'exécution de Brasillach. Lors du procès de Brasillach, en janvier 45, à aucun moment il ne fut question de l'extermination des juifs. Le commissaire du gouvernement - le terrible procureur Reboul, par ailleurs catholique convaincu - y parlera de « camps exceptionnels de sévérité », jamais de « camps d'extermination ». Le Tribunal de Nuremberg qui statua sur la volonté exterminatrice du Troisième Reich ne siégera qu'à partir de novembre 45. Les conclusions du Tribunal n'auront d'ailleurs force de loi que bien après. Ni De Gaulle, ni Churchill, ni Roosevelt n'évoqueront dans leurs mémoires ce qu'on appellera par la suite la Shoah. Quant à Staline, on ne l'imagine pas s'alarmant outre mesure de ce qui pouvait se tramer dans les camps allemands, alors que les bolcheviks faisaient infiniment pire dans ceux du goulag, ce que, depuis Souvarine et d'autres, tout le monde savait, ou pouvait savoir... Mais s'il faut faire de l'anachronisme, que dire de l'antisémitisme désormais pleinement assumé par une gauche donneuse de leçons, à l'aune des manifestations dont le récent épisode de la sempiternelle guerre israélo-palestinienne fut le prétexte dans les rues des villes de France, où l'on a vu socialistes, communistes et trotskystes défiler d'un même pas et d'une même voix avec des forces proches du Hamas ou du Hezbollah, dont on connaît par ailleurs la "judéophilie" ?... On a pu reprocher à Brasillach l'outrance antisémite de ses éditoriaux dans Je suis partout. C'est oublier qu'à l'époque la France était largement antisémite. Tous les courants politiques connaissaient peu ou prou l'antisémitisme, y compris les communistes comme on l'a récemment (re)découvert dans des documents internes du Parti... Là encore, quand on prétend faire de l'histoire, il faut fuir le péché mortel d'anachronisme. Et n'oublions jamais quel traumatisme fut la Débâcle chez les patriotes - une déculottée militaire sans nom à mettre au "crédit" du pacifisme bêlant de l'ensemble de la classe politique des années 30, Maurras excepté naturellement - et nos deux millions de prisonniers de guerre en Allemagne, dont le sort a été le souci constant des autorités de Vichy et de ceux qui ont fait le choix du compromis avec le vainqueur. « Ils vont rester là-bas quatre ans ou cinq, sans femme, sans faire d'enfants » a écrit Brasillach, profondément révolté par cette humiliation du peuple français. Qui, encore une fois sans anachronisme, peut reprocher à un patriote français de s'être d'abord préoccupé du sort de ses frères de sang, personne en Europe à l'époque ne se préoccupant du sort des juifs ? Chaïm Weizmann avait écrit dans le Manchester Guardian « Le monde semble divisé en deux parties : les endroits où les juifs ne peuvent vivre et ceux où ils ne peuvent pas entrer. »

Novopress : 19 janvier 1945 : un procès fabriqué - il fallait que Brasillach paie le prix fort...

Anne Brassié : Brasillach est condamné à mort à l'issue d'un procès bâclé - cinq heures en tout et pour tout, suivie d'une délibération de vingt minutes ! - dont l'instruction ignominieuse - qu'on se rappelle cette photo truquée qui pesa si lourd dans la décision des jurés - fut un véritable déni de justice. La République épurative sut être ô combien expéditive. « Tout est bon pour la défense, avait prévenu Brasillach, hormis la lâcheté ». Il avait en haine la tiédeur et la compromission. Il a couvert jusqu'au bout les collaborateurs de Je suis partout, alors que dans le « soviet » du journal (son comité de rédaction), chacun était maître de sa ligne politique : l' "anarchiste" Brasillach ne contrôlait rien et n'a jamais rien censuré. Au moment du procès, il avait d'ailleurs quitté le journal depuis plus d'un an. Il a évidemment assumé ses propres écrits, ne concédant rien à ses juges. « Ne jamais aller contre son propre destin », avait-il coutume de dire, en homme de droite. Et cette maxime d'homme d'honneur :  « La grande règle de toute morale et de toute politique : on ne sépare jamais les idées, les sentiments, les actes, de leurs conséquences ». « C'est une honte ! » a-t-on entendu dans les bancs du public lors de l'énoncé du verdict. « Non, c'est un honneur ! » a répliqué Brasillach. Voilà qui nous change de ces petites frappes d'extrême gauche, les Petrella, les Battisti, qui, pour échapper à leur destin, excipent de leur petite santé fragile auprès de potentats divers et variés. Lui a payé, les marchands de béton du Mur de l'Atlantique, non. Il faut dire que ces gens-là se sont contentés de vendre, ils ont eu l'astuce de ne pas écrire...
Novopress : Après la condamnation à mort de Brasillach, l'action de François Mauriac en faveur de l'écrivain fut tout à fait remarquable

Anne Brassié : En effet. Parmi les écrivains, artistes et intellectuels qui ont soutenu Brasillach jusqu'à la fin, François Mauriac occupe une place à part. J'ai publié dans mon livre une des dernières lettres que la mère de Robert écrivit à son fils. « Il m'a reçue comme une amie de vingt ans, fraternellement, écrit-elle à propos de Mauriac. Il m'a embrassé plusieurs fois et a pleuré avec moi. Il m'a répété en partant qu'il ferait tout. Il me disait : "Ce Robert, si méchant avec moi, comme je l'aime..." Il a eu la signature de tous les académiciens ». Grandeur d'âme de Mauriac... « Il a payé au-delà de ce qu'exigeait une stricte justice » a-t-il écrit après l'assassinat de Robert, fustigeant « la vengeance déguisée en justice ». Une noblesse de cœur d'un écrivain profondément catholique, qui nous change, entre autre, de cette fripouille de Sartre - icône de la gauche... - qui a fait jouer Les Mouches en 1943 grâce à la bienveillance de la Zensurstelle allemande et publia la même année L'être et le néant (un kilo de papier le volume, en pleines restrictions...), très inspiré par le philosophe Martin Heidegger dont les sympathies nationales-socialistes étaient déjà notoires. Un Sartre qui pour mieux se dédouaner - lui et son « Castor » chroniqueuse à Radio Vichy - n'aura de cesse de hurler avec les loups de l'épuration, même s'il s'est un peu rattrapé en 1957, au moment de la bataille de La Reine de Césarée, en déclarant : « Brasillach n'était pas le plus coupable »...

Novopress : Un purgatoire sans fin ? Quelques frémissements d'une possible réhabilitation comme cette Reine de Césarée jouée il y a deux ans par le Théâtre du Nord Ouest...

Anne Brassié : L'épuration - et je ne parle pas des meurtriers bombardements anglo-américains... - fut une période particulièrement sanglante de notre histoire. Les chiffres tels que nous les connaissons maintenant sont éloquents. Ceux qui ont fait le choix du communisme et qui ont sur les mains le sang des quelque cents millions de morts de cette idéologie monstrueuse, ceux-là n'ont jamais été appelés à la barre du tribunal de l'Histoire et encore moins attachés à un poteau au petit matin face à la gueule des fusils d'un peloton d'exécution. Le communisme attend encore son Nuremberg. Viendra-t-il un jour ? Quand j'ai écrit mon livre sur Brasillach, le Livre noir du communisme n'avait pas encore été publié. Je pense que maintenant, j'aurais la dent infiniment plus dure. J'ai évoqué le tout plutôt que le bolchevisme de Brasillach. Depuis la publication du livre de Stéphane Courtois, qui peut affirmer sans l'ombre d'une hésitation que Brasillach eut absolument tort de faire le choix qui fut le sien ? Robert Brasillach se tient comme un remord devant ceux qui l'ont tué. Pour les libéraux - Brasillach avait vraisemblablement lu le livre de Robert Aron « Le cancer américain »[réédité à L'Âge d'Homme, 5, rue Férou, 75006] et haïssait les « valeurs » de la société marchande - comme pour les communistes, il reste un scandale absolu. Les communistes voulaient la tête de Brasillach et De Gaulle qui refusa sa grâce ne fut à cet égard qu'un pantin dans les mains de Moscou, comme il le fut d'ailleurs en d'autres occasions. Pour répondre clairement à votre question : non, je ne vois aucune raison, l'époque étant ce qu'elle est, que Robert Brasillach sorte de son purgatoire. Il faudrait un radical renversement des valeurs dans notre pays et dans la vieille Europe. Ce qu'à Dieu ne plaise... Mais le charme de l'œuvre demeurera sans fin pour ce petit cercle d'élus sans œillères que forment les amoureux de la littérature. 

Novopress : Fresnes, une montée à l'étoile. Fort de Montrouge, le 6 février 1945, une mort héroïque. « Courage ! » criera-t-il aux hommes du peloton...

Anne Brassié : Oui, la mort en face pour cet homme jeune, qui achève sa vie à un âge où Céline n'avait pas encore écrit son Voyage... Il est enfermé dans le couloir de la mort depuis le 19 janvier. Les poèmes qu'il a composé à Fresnes, les chaînes aux pieds - entre autres ceux des trois courtes semaines qui séparent le verdict de l'exécution - sont parmi les plus beaux et les plus profonds de notre langue. Pour nous, ils ont à jamais la sombre couleur de la voix infiniment grave de Pierre Fresnay. Des mots de douleur, d'angoisse, de colère, mais aussi de paix et d'espoir, qui ne cesseront de résonner dans le cœur des hommes de notre peuple. « Vienne la nuit » écrit-il. Nulle tentation nihiliste chez cet homme qui aimait profondément la vie. Par ces mots, il remet son âme à Dieu...

VIENNE LA NUIT

Vienne la nuit, que je m'embarque
Loin des murs que fait ma prison.
Elle suffit pour qu'ils s'écartent,
Je retrouve mes horizons.
Que m'importe si l'on me parque,
La Nuit abat toutes cloisons.

Avec la nuit je me promène
Sous le soleil des jours anciens.
Je ne vois plus ce qui m'enchaîne,
Le sommeil brise le destin :
Voici la mer, voici la Seine,
Voici les fraîches joues des miens.

Comme dans les camps d'Allemagne,
Chaque nuit, ô Nuit, tu reviens
Me rendre tout ce qu'on éloigne.
Je ferme les yeux sous tes mains,
Je m'embarque, tu m'accompagnes,
Me caresses jusqu'au matin.

Ô Nuit, ô seul trésor pareil
Pour l'homme libre ou le proscrit,
Je t'ai donc retrouvée, merveille,
Après trois ans te revoici !
Je me rends à ton cher soleil,
Enlève-moi comme jadis.

Sur la paille où sont les soldats,
Tu m'apportais les mêmes songes
Qu'aux heureux dont je n'étais pas.
Aujourd'hui, vers toi je replonge,
Ô secourable, ô toujours là,
Ô Nuit qui n'as pas de mensonges.

Propos recueillis par Henri Dubost pour Novopress France

Publié par ARB - dans REVUE DU NET
6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 22:06

Nous reproduisons ci-dessous un billet sur la liberté d'expression à propos de Robert Brasillach, publié par "Mister Arkadin" sur un blog consacré au cinéma.


Le 6 février 1945 était exécuté le critique et historien du cinéma Robert Brasillach. Chaque année, une messe est donnée en sa mémoire à l'église Saint-Séverin (près de Saint-Michel), à laquelle sont associés les noms de sa sœur, l'admirable Suzanne Bardèche, et du co-auteur de la première grande histoire générale du cinéma parue en France, Maurice Bardèche.

 

Je m'y suis rendu ce midi, je l'avouerais moins par convictions que pour l'opportunité d'y croiser, pas très loin du lieu de mon gagne-pain, quelques amis cinéphiles. Cela m'a permis d'apprendre qu'une émission récente de Radio Courtoisie avait causé quelque émoi parmi les "Amis de Robert Brasillach". Dans le "Libre journal de Martial Bild" du mercredi 4 février, un certain Pierre de Laubier, libraire si je ne me trompe, a utilisé le quart d'heure de sa « chronique culturelle » pour démolir l'œuvre littéraire de Robert Brasillach. Mièvrerie, écriture désuète, banalités psychologiques, dialogues trop recherchés dans la bouche de jeunes gens et, au contraire, retenue et maîtrise trop grande de leur corps, etc. On aurait dit de l'Anne Simonin sur France Cul !

Je comprends que l'on puisse estimer que si, sur Radio Courtoisie même, qui se veut la « radio de toutes les droites et de tous les talents », on dénigre Brasillach en ne lui reconnaissant du bout des lèvres qu'un petit talent de critique, la cause d'un jugement serein sur la littérature, sachant faire le départ entre les options idéologiques d'un auteur et ses romans ou poèmes, par exemple, est bel et bien perdue. Pour ma part, je ne saurai trop féliciter Martial Bild d'avoir laissé son chroniqueur exprimer longuement et sans être interrompu son point de vue, même si celui-ci relève en l'occurrence du cliché. J'ai écrit ici qu'Un barrage contre le Pacifique était l'un des rares livres "potables" de Duras. J'avais d'abord écrit "bons" livres, en me félicitant de pouvoir apprécier le roman, lu adolescent, d'un écrivain colonialiste et vichyste qui m'est très antipathique. À la relecture, je me suis dit que, si l'on avait été jusqu'à envisager le Nobel pour l'auteur d'un roman aussi médiocre, Béraud et Brasillach n'était décidément pas de si mauvais écrivains ! Pour autant, ce genre de prises de position allant à l'inverse de ce que l'on pourrait attendre sur Radio Courtoisie, beaucoup moins rare qu'on pourrait le croire, montre indubitablement que cette chaîne n'est pas le bloc monolithique de pensée réactionnaire, voire fasciste, que dénoncent ses ennemis, voire ceux qui ne l'écoutent pas de peur d'être contaminés par la peste brune (cette dernière se transmettant par les ondes - les champs électromagnétiques ne provoquaient déjà pas bien assez de dégâts...). D'une certaine manière, Radio Courtoisie donne ainsi une idée de la liberté d'esprit qui existait encore plus ou moins en France jusqu'aux années 1970, quand deux pages pouvaient être consacrées à Brasillach dans « Le Monde des livres » ou quand l'on pouvait trouver quelques-uns de ses livres sur les stands de la Fête de L'Huma.

Aujourd'hui, non seulement il n'est plus dit que du mal de Brasillach sur toutes les antennes, excepté de temps en temps Radio Courtoisie (et encore, pas toujours, nous venons de le voir), mais, progressivement, il n'est plus guère cité que comme l'une des figures mythiques du mal absolu, dont on se dispense complètement d'examiner l'œuvre. Il convient par conséquent de saluer le travail de fourmi fourni par l'association des Amis de Robert Brasillach (ARB) et de son président Pascal Junod, qui reprennent tout ce qui s'écrit sur lui. Ce qui me fait dire à ceux de mes amis qui s'étonnent que j'y contribue de temps en temps : « les cahiers et bulletins des ARB sont de loin les publications où l'on peut lire le plus de propos défavorables à Robert Brasillach, puisqu'on y reprend, autant que possible, tous ceux qui paraissent dans la presse ! » Aussi est-ce avec plaisir que je prépare pour les ARB un nouveau dossier sur l'histoire du cinéma de Bardèche et Brasillach, dans lequel on retrouvera André Maurois et Pierre Bost, Claude Jamet et Alice Kaplan, les deux François, Vinneuil et Truffaut (ces deux noms ne sont associés ni forfuitement ni pour médire de l'un ou de l'autre), Henri Langlois et Georges Sadoul, Henri Agel et Vincent Pinel, entre autres. Tous ne sont pas du même avis sur l'apport de B/B à l'histoire du cinéma... et c'est tant mieux !


En complément, des enregistrements de l'émission de Martial Bild :

- au début de la première partie, l'animateur lit un poème de Fresnes (« Aux morts de février ») ;

- dans la seconde, des minutes 54 à 74, Pierre de Laubier exprime de vives réserves sur l'œuvre de Brasillach, auxquelles ne souscrit pas Martial Bild, ni quelques auditeurs.

Le lendemain, Anne Brassié a donné son point de vue sur cette "affaire" dans son émission « Les Livres en poche », parlant joliment de l'amour comme d'un « acte grave et magnifique », ce qu'a approuvé son invité, Dominique Paoli (entre le milieu de la neuvième et le milieu de la onzième minutes d'enregistrement).

Par ailleurs, puisque j'ai évoqué incidemment Katyn, auquel renvoie le lien sur Un barrage contre le Pacifique, je signale qu'un reportage radiophonique où l'on entend brièvement Robert Brasillach, retour de Pologne, a été diffusé récemment sur France Culture dans « Concordance des temps » (merci à la personne qui m'a très aimablement transmis cet enregistrement, diffusé dans une précédente émission de radio).

 

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