« Un pays qui manque son épuration se prépare à manquer sa rénovation. » Albert Camus, 1945. Combat
Dès les années 1940, avant même la libération de Paris et la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'épineuse question de l'épuration s'impose : Comment sanctionner ceux qui ont collaboré avec l'Allemagne nazie ? La France se déchire entre les défenseurs du pardon et les partisans d'une justice punitive pour les soutiens de Vichy.
Brossant un tableau de la France de l'après-guerre couvrant tous les milieux - intellectuels, politiques, ecclésiastiques, etc. - Emmanuel Pierrat dépeint ici un pays au bord de la rupture et analyse les tourments d'une société qui cherche à sortir d'une situation d'exception, violente et chaotique.
Des femmes tondues aux lois d'amnistie en passant par les exécutions sommaires et les internements administratifs, ce livre nous fait revivre des années décisives à travers les destins de Pétain, Laval, Brasillach ou encore du constructeur automobile Louis Renault. S'appuyant sur de nombreuses sources judiciaires et journaux de l'époque, Emmanuel Pierrat nous plonge au coeur des désillusions, exécutions et reconstructions qui ont bouleversé la France pendant une décennie et qui entretiennent, encore aujourd'hui, de multiples tabous.
Emmanuel Pierrat, avocat et écrivain, est conservateur du musée du Barreau de Paris. Il est l'auteur de plus de soixante-dix ouvrages juridiques, de romans et de livres sur l'art. Bibliophile, il est passionné par l'Histoire. Il a notamment publié Les Francs-maçons sous l'Occupation, entre résistance et collaboration (Albin Michel) et Les Grands Procès de l'Histoire (La Martinière).
Le livre de Michel Lacroix, publié en 2004 aux Presses universitaires de Montréal et sous-titré "l'esthétique du fascisme français 1909-1919", est disponible depuis peu en ligne.
Il y est beaucoup question de Robert Brasillach : index.
Qu'Annette Wiewiorka n'hésite pas à préciser quels sont les éditeurs parisiens ayant pignon sur rue prêts à publier du Brasillach et à promouvoir ses livres "à grand renfort de publicité", les ARB sont preneurs : merci d'avance !
(extrait de "Ce que Simone craignait", article publié par Annette Wiewiorka dans Le Journal du Dimanche du 1er juillet 2018, p.31)
"Dans son testament, "très peu de choses", assure-t-il. Légalement, ses trois filles disposeront des trois quarts de l'héritage. Lui n'est libre de répartir comme il l'entend que le quart restant. Evidemment, il "trouve que ce n'est pas assez". "Quel don offrir à ma patrie qui m'a rejeté d'elle-même ? (...) Je ne puis léguer ici que mon corps en terre inhumaine", dit-il, citant Robert Brasillach. L'œuvre de l'écrivain collaborationniste occupe en permanence sa table de chevet. Avec celle de François Villon, un autre condamné à mort. "Ça m'amuserait de vivre jusqu'à 100 ans et de voir leurs gueules. Ça m'amuserait de les voir partir avant moi et de leur faire : "coucou, à bientôt", conclut-il, agitant le bout de ses doigts. Et de se plier en deux, sur la chaise de son bureau. Gorge déployée, mort de rire." ("L'Express", 29 mars 2018 ; www.lexpress.fr/actualite/politique/fn/jean-marie-le-pen-la-mort-et-alors_1995440.html)