Le Magazine des livres publie dans son n°20 (novembre/décembre 2009) un dossier sur "Les écrivains de la collaboration", notamment
Robert Brasillach, dont un portrait orne la couverture.
Le Magazine des livres publie dans son n°20 (novembre/décembre 2009) un dossier sur "Les écrivains de la collaboration", notamment
Robert Brasillach, dont un portrait orne la couverture.
Pierre Assouline a sorti dernièrement, chez Omnibus, ce qu’il a intitulé un Autodictionnaire Simenon. Il a déclaré avoir inventé le terme "autodictionnaire", « et la collection, car il y en aura d’autres » (Le Nouvel Observateur). Remarquons qu’il a l’honnêteté de ne pas prétendre avoir inventé cette forme d’ouvrage et contentons-nous d’un exemple d’antériorité (d’après la bibliographie établie par Alain de Benoist) : Robert Brasillach en toutes lettres. Un dictionnaire critique d’après Robert Brasillach, par Cécile Dugas, en 2 volumes, n° spéciaux des Cahiers des Amis de Robert Brasillach, 46-47 (années 2001-2002) et 48-49 (années 2003-2004), Genève, 2004, 432 et 432 p., index, préface de Philippe Junod [recueil de 1800 citations classées par thèmes].
En
complément de la biographie de Ramon Fernandez par son fils Dominique, Rivarol a reproduit dans son numéro 2918 (11 septembre 2009, p.11) la nécrologie de Fernandez que son compagnon
Robert Brasillach publia dans L'Écho de la France le 15 août 1944.
Extrait d'un
entretien avec Éric Neuhoff paru dans Le Magazine des livres (n°18, juillet/août 2009, p.32) :Dans un entretien donné à Danielle Attali, du Journal du Dimanche (n°3261, 12 juillet 2009, p.34, « Un film nécessaire pour les jeunes générations »), à propos du nouveau film de fiction, en cours de tournage, sur la rafle du Vél'd'Hiv (1), Serge Klarsfeld, consultant historique du film, déclare, à la question « Pourquoi les enfants étaient-ils séparés de leurs parents ? » :
« Les Allemands disaient ne pas avoir "le feu vert de Berlin pour déporter les enfants". On les a donc séparés de leurs parents, parfois à coups de crosse, parce qu'il y avait trois trains par semaine à remplir. C'est le moment le plus abject, le plus odieux, le plus terrible de l'histoire de France. Ce qui interroge encore les Français, c'est la décision prise par Pétain, Laval et Bousquet de livrer des milliers d'enfants à Hitler, infligeant à la France une défaite morale dont le poids a été incalculable. »
Il s'agit assurément d'une contribution pouvant être utilement ajoutée à la controverse au sujet de la phrase fameuse de Robert Brasillach sur « les enfants juifs », et plus généralement sur les choix de Pierre Laval en la matière. Mais, sans doute la transcription des propos de Maître Klarsfeld a-t-elle été maladroite, il est assez difficile de comprendre ce qui est pour lui le plus inhumain : la séparation ou non des enfants de leurs parents. Nul doute qu'il aura l'occasion de préciser sa pensée à l'occasion du prochain film sur le sujet, « nécessaire » pour l'édification de la génération suivante.
PMH.
Note :
(1) « Bien sûr il y avait eu Monsieur Klein, et puis Les Guichets du Louvre », indique Danielle Attali.« La rafle est le premier film traitant vraiment du sujet », affirme toutefois le magazine Studio - Ciné Live (n°6, été 2009, p.16).
Voici le premier paragraphe d'un article de Jean-Luc Leopoldi, « Règle d'or médiatique : trompez-vous d'ennemi », paru dans les Écrits de Paris (n°719, avril 2009, p.29-34) :
« Cette année 2009, centième anniversaire de Robert Brasillach, semble plus proche de 1453 que de 1929. La supériorité des années 1930, c'était le droit d'être lucide et de nommer l'ennemi ou le nuisible, qu'il soit extérieur ou intérieur. Aujourd'hui, nous avons Rivoral, ce qui est merveilleux. Mais nous ne pourrions plus avoir Je Suis Partout, et la fameuse tirade de Robert contre « la vieille putain agonisante, la garce vérolée (...), la République toujours debout sur le trottoir », n'aurait aucune chance de passer les filtres de la censure. Et pourtant, "elle" est toujours bien là, plus "craquelée", plus "lézardée" que jamais, mais nous sommes tellement accoutumés que nous ne remarquons plus les "relents de pourriture" qu'elle exhale. »
Dans son éditorial du 29 avril 2009, reproduit ci-dessous, le directeur de Libération, Laurent Joffrin, à propos d'un procès en cours, parle de la « Peste » que représenterait Youssouf Fofana, « accusé de l'assassinat, en 2006, avec actes de torture et de barbarie, d'Ilan Halimi, 23 ans », même s'il n'est « certes » pas « Drumont ou Brasillach ».
Il faut d'abord se débarrasser d'une fable : l'assassinat d'Ilan Halimi ne serait pas vraiment antisémite. On aurait affaire à un crime crapuleux, comme tant d'autres, motivé par l'appât du gain, comme si souvent. Thèse scandaleuse. Si ce crime n'est pas antisémite, qu'est-ce qu'un crime antisémite ? Ilan Halimi a bien été enlevé, séquestré, torturé, assassiné, parce qu'il était juif. Certes Fofana n'est pas Drumont ou Brasillach. Nulle théorie, nulle idée, nul raisonnement, dans ce «cerveau des barbares», selon le terme qu'il emploie lui-même. Mais un ramassis de clichés, un assortiment de réflexes, un air du temps, en un mot, qu'il a incorporé dans sa trajectoire criminelle. Tous les Dieudonné du pays devraient y réfléchir, s'ils le peuvent : cette peste toujours renaît, toujours cette figure du bouc émissaire sert d'exutoire aux difficultés sociales. La mémoire serait donc vaine ? Le combat contre les préjugés meurtriers, en tout cas, est un travail de Sisyphe.
Encore faut-il appliquer les remèdes adéquats. Les bons sociologues nous le disent : il y a - hélas - plusieurs antisémitismes en France. Celui-là est populaire et informe, distinct de celui de l'extrême droite, différent de certaines dérives d'extrême gauche. Il n'est pas seulement «le socialisme des imbéciles». Il est aussi le populisme des parias. Dans l'exclusion des cités, dans le racisme qui frappe les minorités, dans le désespoir social, la vieille peste trouve un milieu favorable. La justice en jugeant le crime juge un effet. C'est son travail. La République pour extirper le mal, doit s'attaquer à ses causes.